Depuis toujours passionnés de plantes et de jardins, de nature en général Marité et Jean-Yves Roué façonnent ensemble un jardin avec amour et générosité. Aujourd’hui, ils nous ouvrent les portes de leur jardin. Ils nous parlent de leurs découvertes, de leurs plantes fétiches, de leurs fleurs préférées avec un enthousiasme débordant… Les avoir écoutés, les avoir observés au jardin, les voir faire et défaire, refaire en mieux… est un privilège pour moi. C’est d’abord eux qui nous ont transmis cette passion pour les plantes, cette envie de jardiner et de créer mon jardin.

Osez le vert ! et Bonne lecture !

Ps : Ils avaient tellement de choses à raconter et partager que nous prévoyons un futur article sur leurs voyages… au cœur des plantes 🙂

Thomas Roué

Pouvez-vous vous présenter ?

Marité, j’ai 70 ans et j’ai passé ma vie dans les plantes.

Mon enfance était bercée par la nature, dans la nature, irradiée par la beauté des fleurs et des arbres et puis, j’ai épousé un pépiniériste, ensemble nous avons créé une pépinière et un grand jardin d’environ 5 000 m², aujourd’hui ce jardin a 42 ans.

Jean-Yves Roué, ancien pépiniériste, métier que j’ai choisi, par passion pour les plantes.

J’ai fait des études horticoles à Orléans puis j’ai travaillé en Allemagne et aux Pays-Bas avant de m’installer.

 

D’où est venue cette passion pour les plantes ?

Marité : Je suis née dans une campagne luxuriante, sauvage, préservée, avec des talus couverts de fougères, d’aubépines, de prunelliers, des grands espaces remplis de bruyères et d’ajoncs…

Marcher dans les chemins creux, sous la voûte formée naturellement par les noisetiers, les chênes, les châtaigniers, les bouleaux était pur ravissement, lieu de rêve et d’imaginaire par excellence. J’étais fascinée par les mousses d’une douceur ouatée incomparable avec leurs tons de bleus, de bronze, de verts foncé ou tendre, un monde en miniature… Enchantement !

Au printemps, les tapis de primevères, de violettes, de boutons d’or, de clochettes bleues, d’anémones sauvages étaient un pur bonheur pour mes yeux d’enfants, cueillir les jonquilles au bord des ruisseaux un véritable cadeau de la terre et de l’eau…

L’été, les blés et les coquelicots pure harmonie des contrastes…

L’automne, les noisettes et les châtaignes un goût incomparable…

L’hiver, les houx aux boules rouges et douces tellement contrastées avec le vert foncé et le piquant de ses feuilles, faisaient des décors de Noël incontournables…

Et puis  cette sensation à la fois de dormance et de vie grouillante sous les feuilles mortes…

Je redis avec bonheur, j’ai passé ma vie dans les plantes et je peux assurer que plusieurs vies ne suffiraient pas pour faire le tour de toutes ces merveilles qui existent de par le monde dans le domaine du végétal.

Passer des journées entières à prendre des photos avec un objectif macro m’a permis d’approcher, de voyager au cœur des fleurs, dans ce qu’elles ont de plus intime et de ressentir un émerveillement sans nom devant tant de beauté offerte et si éphémère. Toucher l’intime, au bord de la splendeur…

Jean-Yves : La passion… Je suis né à la campagne, j’y ai vécu au rythme des saisons avec les plantes de la nature, et du jardin potager.

Les fleurs…

Dès mon plus jeune âge, je faisais 3 km à pied pour cueillir de grands bouquets de jonquilles, puis des bouquets de primevères. Je remarquais les floraisons des boutons d’or, des anémones qui couvraient les talus. Les bleuets par milliers, les parfums des fleurs d’aubépines, et les odeurs des poiriers et des pommiers. auprès du jardin des roses anciennes d’une floraison abandonnée, les pois de senteurs refleurissaient. Les chèvrefeuilles embaumaient les chemins. Les chatons des noisetiers en fleurs et les saules en fleurs annonçaient le printemps…

Les fruits…

Les prunelliers, il fallait attendre la mi-septembre pour en manger. J’avais découvert dans la nature quelques touffes de fusain d’Europe, Euonymus europeus. A la chute des feuilles, les branches étaient couvertes de fruits rose et orange. Je ramenais des branches de houx couverts de fruits rouge,  que l’on installait dans la crèche de noël.

Je me souviens du Camélia qui poussait dans le jardin potager, des allées bordées de buis et de la floraison du muguet.

« Je redis avec bonheur, j’ai passé ma vie dans les plantes et je peux assurer que plusieurs vies ne suffiraient pas pour faire le tour de toutes ces merveilles qui existent de par le monde dans le domaine du végétal. » Marité

C’est quoi un jardin pour vous ? Si vous deviez décrire votre jardin, quel est le fil rouge… ou vert pardon 🙂 ?

Marité et Jean-Yves : Créer un jardin est l’œuvre de toute une vie c’est in-fini parce que VIVANT, il finit par raconter notre histoire.

Il évolue sans cesse, au fil des saisons, au fil des années, il nous étonne, il nous surprend toujours. Il agit sur nous comme un aimant avec sa force magnétique, d’éloignements en retrouvailles, avec un charme incroyable qui demeure et nous attire toujours avec le même enthousiasme. Le fil rouge d’un jardin devient instinctif, c’est une recherche d’harmonie de couleurs, de formes, de perspectives, de transparences, de lumière. Tout cela vient au fil du temps, les arbustes, les arbres sont nos maîtres en quelque sorte. Ils nous apprennent l’humilité et la persévérance et surtout ils nous donnent et redonnent en plénitude. Ils sont simplement là, à portée de notre regard et de notre éblouissement.

Retrouvez tous les conseils sur la taille de transparence dans notre rubrique « Quand, comment et pourquoi tailler mon Camélia ? »

Depuis quand êtes-vous installés dans ce jardin ?

Marité et Jean-Yves : En 1975 nous avons construit notre maison dans une clairière, tout autour des bouleaux, des chênes, des châtaigniers, des hêtres, beaucoup de fougères, des ronces, du lierre, des mousses et des rhododendrons sauvages… Le décor est posé, nous habitons dans un bois, notre terrain est acide donc propice aux plantes dites « de terre de bruyère ».

Notre pépinière produisait en majorité des plantes de ce type tels que Rhododendrons, Camélias, Bruyères, Pieris, Azalées, Magnolias, Erables du Japon… Ces essences forment aujourd’hui l’ossature du jardin. Ces plantes ont été planté sans plan de jardin donc sans faire appel à un paysagiste.

Naturellement notre jardin est devenu terrain d’expérimentation, d’observation de variétés. Nous avons planté, déplacé, replanté.

Jean-Yves : Je plantais, c’était pour moi un jardin d’essai. Je vérifiais le comportement de la plante, j’admirais les floraisons. Ai-je pensé à l’harmonie des couleurs ? Pas vraiment. Marité, mon épouse m’a souvent demandé d’arracher, de replanter afin que les massifs soient agréables à regarder et comme les plantes sont les meubles du jardin, ceci n’est pas un problème !

« Je plantais, c’était pour moi un jardin d’essai. Je vérifiais le comportement de la plante, j’admirais les floraisons. » Jean-Yves

A découvrir, la vidéo « Comment planter mon arbuste ? »

Marité : Nos massifs se sont multipliés au fil des années, les grandes plantes sont devenues plantes structures tels que les Rhododendrons, les Camélias, les Pieris formosa Forestii. Aujourd’hui, ce sont des arbres magnifiques, ils atteignent entre 3 et 10m de haut.

Pour les mettre en valeur, pour les révéler, nous leur avons donné de la transparence en coupant les branches du bas et en cherchant la lumière de l’intérieur. Ils sont majestueux, leurs troncs se donnent à caresser du regard et des mains.

Les Azalées s’étalent à l’envi, prennent leurs aises en hauteur, en largeur surtout, et ne comptent pas leurs fleurs tellement elles sont généreuses, de plus elles couvrent complètement la terre. Ce sont devenues de véritables couvre-sols. Plus besoin de se baisser pour retirer les mauvaises herbes !

Jean-Yves : Certains Rhododendrons mesurent aujourd’hui 6m de haut, les Azalées japonaises s’étalent sur 3m. Les Azalées de Chine trônent à 3m. Les Pieris, Magnolias et Cornouillers sont de petits arbres. Le Camélia le plus grand atteint 6m de haut (il a plus de 40 ans).

Nous avons ensuite formé des massifs d’Hortensias. Nous avons des bleus magnifiques.  Les Hortensias à floraison blanche, ‘Annabelle’, des hybrides, des paniculata, ‘Unique’, ‘Limelight’, Vanille-Fraise’ viennent éclairer l’été au jardin. les fougères, les hostas, les choisyas, les pittosporum, les drymis, les buis, quelques rosiers arbustes, des rosiers lianes dans les chênes, des plantes vivaces, sedum, senecio, dianthus, euphorbes, agapanthes, anémones du Japon, nandina viennent compléter le tableau…

Marité : Les Camélias sont, non seulement, très nombreux, très grands mais surtout ils nous régalent de fleurs de fin septembre avec les espèces de sasanqua, à la mi-juin suivant les variétés. Le camélia est pour nous une fleur passion, une fleur noble d’une multiplicité infinie, elle peut être d’une simplicité bouleversante et d’une perfection extrême à couper le souffle. C’est une fleur précieuse et tellement subtile autant dans sa couleur que dans sa forme. De plus certaines variétés dégagent des fragrances discrètes, sucrées. C’est une fleur qui fédère beaucoup de passionnés de par le monde.

« Le camélia est pour nous une fleur passion, une fleur noble d’une multiplicité infinie, elle peut être d’une simplicité bouleversante et d’une perfection extrême à couper le souffle. »  Marité

Dans nos massifs au devant de ces grandes plantes structures poussent des hostas, des agapanthes, des orangers du Mexique, des érables nains de toute beauté, des vivaces pour les fleurs de l’été.

Peu à peu nous avons structuré nos plates bandes en mettant en opposition des plantes taillées tels que les pittosporums et les buis pour qu’elles servent de support et aussi de faire valoir aux fleurs fantaisistes et dégingandées comme les hydrangeas ‘Annabelle’, les gauras, les anémones du Japon, les dalhias.

Devant notre maison trône un érable du Japon, la variété ‘Seiryu’.  Il a plus de 40 ans, 8 m de haut, 10 m en largeur. Au printemps ses nouvelles feuilles sont d’une fraîcheur incomparable. Tout l’été il nous couve de son ombre. L’automne sa lumière est inégalable et ses feuilles qui tombent sur le sol ont la beauté éphémère d’un éclat de soleil.

Jean-Yves :  La petite curiosité du  jardin, notre Clématite viticella à petites fleurs blanches, simples et odorantes qui a envahi un châtaignier mort. Au printemps, il se couvre de fleurs jusqu’à 7m de haut !

Marité : Mon coup de cœur sans cesse renouvelé se trouve chez les hortensias, ce sont des arbustes dont je ne me lasse jamais, ils fleurissent dans toute la gamme des couleurs, en juillet leurs tons sont vifs, toniques, toujours en nuances et vers la fin de l’été ils déclinent dans des tons pastels d’une délicatesse un peu surannée et d’une douceur incroyable, les pétales rivalisent les uns les autres pour choisir leur harmonie.

Les inflorescences plates comme les bonnets de grande mère, rondes comme des ballons, en forme de panicules comme les fleurs de lilas, déclinent dans un choix immense de variétés. Pour notre jardin bordé d’arbres, ces hydrangea de toutes sortes font merveille, ils apportent la lumière au feuillage sombre des rhododendrons par exemple.

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Quels jardins ou rencontres vous inspirent?

Des jardins visités, des revues, des rencontres rares avec des paysagistes, des photographes …

Erwan Tymen tellement inspiré et habité par la nature et comme nous par les chemins creux de son enfance, la bruyère, les ajoncs, les pierres couvertes de mousses et de lichens, marques et empreintes du temps qui passe… A découvrir, son site internet qui reprend toutes ses créations : http://www.erwantymen.com/

Georges Clément pour ses grands espaces où la nature a tous les droits,

Erik Borja pour l’imprégnation du Japon sur ses jardins. A visiter, son jardin « Le Jardin Zen d’Erik Borja » à Beaumont Monteux (26), toutes les informations utiles sur : http://www.erikborja.fr/

Yves Gosse de Gorre, la rencontre de cet homme dans son jardin m’a beaucoup émue, il raconte une histoire avec ses propres mots : les plantes. Ce jardin est fabuleux, il est classé « Jardin remarquable ». Il en a fait un livre qui s’appelle « Sagesse et déraison au jardin ». « Les jardins de Séricourt » classés « Jardin Remarquable », Séricourt (62), toutes les informations utiles :  http://www.jardindesericourt.com/visite_jardin_sericourt1.php

« Le jardin de Vasterival » (76) de toute beauté avec ses arbres aux magnifiques écorces, ses vieux Rhododendrons, ses Magnolias sublimes, sa collection d’Héllébores…. Créé par la Princesse Greta Sturdza, Le Vasterival est, depuis des années, entretenu par Didier Willery. Toutes les informations utiles sur :  https://www.vasterival.fr/

Un autre très beau jardin « Le bois des Moutiers » à Varengeville (76). Toutes les informations utiles sur : http://www.boisdesmoutiers.com/

Le premier grand jardin qui nous a époustouflés, émerveillés c’est « Les jardins de Kerdalo » (22) que nous avons découvert dans les années 70. Par la suite nous avons rencontré souvent Isabelle et Timothy Vaughan, ils nous ont tellement appris sur l’harmonie des plantes et des couleurs. Toutes les informations utiles sur : http://www.lesjardinsdekerdalo.com/

« Le jardin de Giverny » (27) est aussi un jardin inspiré et inspirant,  les touches impressionnistes de Claude Monet se retrouvent partout dans le jardin, on ferme à demi les yeux et toute sa palette est étalée, éblouissante, lumineuse… Toutes les informations utiles sur : http://fondation-monet.com/giverny/le-jardin-deau/

D’autres jardins encore qui se visitent, « le jardin du Pellinec » (22), « le jardin du Grand Launay » (22) , classé jardin remarquable et puis tellement d’autres encore, la liste serait trop longue….

LES COUPS DE CŒUR DE MARITE ET JEAN-YVES

L’Hortensia ‘Ayesha’

19,95€ le pot de 3 litres

Le Rhododendron ‘Graziella’

29€ le pot de 5 litres

L’Erable ‘Seiryu’

39€ le pot de 4 litres

L’Azalée ‘Mme Van Hecke’

16,95€ le pot de 3 litres

Le Camélia transnokoensis

24€ le pot de 2 litres

Le Camélia ‘Cupido’

39€ le pot de 3 litres

Le Magnolia liliflora ‘Nigra’

29€ le pot de 4 litres